François-Xavier de Peretti s'explique sur sa défaite
Un mois après le premier tour de l'élection municipale, le centriste François-Xavier de Peretti revient sur sa défaite. Avec 20% au premier tour, il avait fait le choix de se maintenir, pour finalement récolter 12% au second tour. Explications avec le meilleur ennemi de Maryse Joissains.
La défaite. "L'élection s'est reconfigurée à partir de la fin janvier. Jusque-là, il y avait trois listes principales dans la course. À partir de février, la liste Pezet-Picheral, qui n'avait pas vraiment fait campagne jusque-là, est entrée dans le jeu, sur un positionnement qui n'était pas celui que j'espérais. Je pensais qu'ils iraient chercher des voix sur la liste PS. Or, ils ont pris des voix essentiellement sur nous. J'ai été frappé par le fait qu'ils n'ont pris que 11% des électeurs qui avaient voté pour Ségolène Royal à la présidentielle. Ils ont ainsi imposé une primaire au centre. Du coup, quatre listes étaient en compétition pour se maintenir au second tour. Et je menais donc la seule liste concurrencée. J'ai alors essayé de créer une inflexion, mais ça tergiversait chez Pezet. J'ai même proposé de changer de communication, pour qu'ils n'utilisent plus de code couleur bleu. À huit jours du premier tour, voyant qu'ils venaient de plus en plus sur mon électorat, je ne pouvais pas dire autre chose que ce que j'ai dit: que tout cela était destiné à faire un seul ensemble. Mais bon, c'était un peu faible… Deuxième phénomène, le Front national. À un quart d'heure près, Beyer n'a pas pu déposer sa liste. Mécaniquement et compte tenu du fait que l'UMP de Joissains est très droitière, les voix du FN sont passées chez le maire sortant. Entout, cela représentait 6%. On est donc redescendu à 20% et, elle, est montée à 33%. Dès lors, l'élection était pliée."
Pezet. "Il s'est éclipsé du jeu en février parce que le PS est intervenu. Je ne lui en veux pas, c'était prévisible. Au second tour, nous avons pourtant essayé de composer un front de gens qui voulaient une alternative sur la façon de gérer la ville. Mais je suis tombé sur un PS ultra-dogmatique. Même Pezet, un moment, l'a été. Ils ne voulaient pas participer à une liste où figuraient des gens de l'UMP. Cela voulait dire que la gauche se condamnait à perdre."
Medvedowsky. "Il était dans une configuration optimale. Les vents étaient favorables. Il a mené une stratégie trop dogmatique et s'est aussi emballé en pensant qu'il pouvait gagner seul. Il a également commis une erreur d'analyse: confondre une triangulaire avec l'extrême droite et une triangulaire avec le centre. L'électorat du centre passe au second tour à droite ou à gauche, alors que celui du Front reste au Front."
L'erreur. "Mon erreur a été de croire que Pezet allait créer une division au sein du Parti socialiste. J'ai commis aussi des erreurs de communication."
Lisibilité. "À partir du moment où on dit que la gestion locale n'est pas une affaire dogmatique, je ne regrette pas d'avoir pris des gens très différents."
L'entre-deux tours. "L'élection s'est repolitisée. L'électorat de droite a voté à droite, celui de gauche à gauche et le socle du centre au centre. Plus personne n'a alors parlé des projets pour la ville. On était dans la politique pure."
La campagne. "Nous ne sommes pas partis trop tôt à mon sens. Si nous avions démarré plus tard, nous n'aurions pas eu 20%. L'espace aurait été occupé par Pezet. Le phénomène de nouveauté s'est certes émoussé, la curiosité est passée, mais j'aurai eu davantage de problèmes en partant plus tard."
L'affaire Nasles. "Ce n'est jamais rassurant de voir partir quelqu'un de sa liste. En plus ce n'est pas le 46e , c'est le 2 e . Cela démontre, en tout cas, la qualité des intentions de Nasles. Il voulait faire des choses, il n'a pas pu, il est parti."
L'équipe Joissains. "Il n'y a pas de projets. Ils ne sont pas en capacité, par leur histoire, leur manière d'être, leur niveau aussi, de mener une politique publique globale sur la ville et développer une vision. Si on ne s'est pas entendus, si on a été critiques pendant sept ans, c'est quand même pour ça. Je ne vois pas ce qui a fondamentalement changé dans l'équipe et dans le noyau de décision, de telle sorte qu'on pourrait être agréablement surpris."
L'opposition. "Nous sommes davantage un commando qu'une armée de fantassins (dans l'opposition, la liste de FXdP dispose de trois sièges et celle de Medve de 12 sièges)."
La conclusion. "Il y a un espace politique central qui peut être conséquent, qu'il faut capitaliser et construire. C'est la première fois qu'une liste du centre arrive à de tels scores. Ce n'est quand même pas rien."
Propos recueillis par Samir Heddar et Alexandra Ducamp
ajouter un commentaire créer un trackback commentaires (0)









Bruno Genzana, ancien proche de Maryse Joissains, siège désormais dans les rangs de l'opposition au conseil municipal.