Jean-Louis Garello, le retour en force
du patrimoine aixois
48 heures avant le premier tour des élections municipales à Aix-en-Provence nous avons rencontré le docteur
Jean-Louis Garello, leader de la liste Droites Aixoises. Après avoir traversé l’Atlantique à la voile en solitaire l’année dernière, il s’est « entièrement consacré à la campagne des
municipales, un exercice tout à fait différent ». Patrimoine, identité, sécurité, mais aussi respect, altérité et civisme : autant de valeurs chères au candidat à la mairie.
Extraits.
Pourriez-vous nous présenter votre liste ?
Notre liste est manifestement à droite de l’UMP, et si elle n’a pas de sigle de parti, c’est qu’elle réunit des gens du
Front National, de l’UMP, des royalistes avec une préoccupation spirituelle religieuse catholique très marquée, des athées et également deux personnes - dont je tairai le nom - qui adhèrent à des
mouvements de réflexion d’obédience maçonnique. Il est évident qu’afficher les sigles de ces diverses appartenances ne présentait qu’un intérêt limité. Ce groupe très éclectique se rassemble
autour d’un socle de valeurs communes très forte, fruit d’un brainstorming entrepris ensemble.
Les sondages publiés dans la Provence vous créditaient début février de 2% et fin février de 4% des voix. Le FN
n’aura finalement pas de liste suite à l’erreur d’Honoré Beyer qui n’a pas déposé sa liste dans les délais à la sous-préfecture. Qu’espérez-vous de ce premier tour en termes de
pourcentage ?
Ce que nous pensons, c’est que les électeurs du Front qui ne sont pas militants voteront pour nous. Ils n’obéiront pas au
mot d’ordre des directions qui ne souhaitent pas qu’ils votent pour nous. Mais je pense – j’espère - récupérer 70% des suffrages aixois qui votent habituellement pour le Front et passer la barre
des 10%. Nous bénéficions peut-être pour ça d’une décrue manifeste de la popularité de Mr Sarkozy, nous espérons récupérer à la fois les déçus du sarkozysme et les frontistes non encartés. Ce qui
peut faire le même score qu’il y a cinq ans. Vous savez qu’il ne manquait que quelques dizaines de voix pour pouvoir passer la barre des 10% en 2001 ? (Monsieur Garello était alors en
deuxième position sur la liste MNR menée par Damien Bariller – ancien bras droit de Bruno Mégret - qui avait recueilli 9,75% des suffrages, NDLR)
Si votre liste obtient entre 5 et 10% des suffrages, seriez vous prêt à fusionner avec une autre
liste ? On pourrait penser que la liste la plus proche de la vôtre serait celle de l’UMP
représentée par Madame Joissains…
Si Mme Joissains nous faisait une offre… Ou de Peretti, pourquoi pas ? Enfin l’une de ces deux listes…
J’imagine difficilement Mlle Charcosset m’offrir quelque chose ! Et je pense que Pezet et Picheral se situent un peu comme moi, c’est à dire qu’ils ne seront pas en position de recevoir.
Mais il faudrait vraiment que l’offre soit très généreuse. Si par exemple une liste nous disait « Nous fusionnons et vous aurez la culture, la sécurité et la vie associative », là oui,
pourquoi pas. Mais je doute qu’ils puissent aller jusque là. Nous avons un certain nombre de thèmes, d’idéaux, de valeurs, et au fond nous voulons vivre dans notre cité les valeurs de notre
civilisation. Je résume : si on nous donne la possibilité de mettre en œuvre le cadre qui permettra à nos citoyens de vivre ces thèmes, pourquoi pas, mais il nous faut la culture, la
sécurité, la vie associative. En dehors de ça, nous n’avons envie de faire gagner personne, même à 10% ! Si nous sommes à plus de 10%, nous pouvons nous maintenir. Mais si nous nous
maintenons en n’ayant pas fusionné, nous n’aurons pas de responsabilités.
La sécurité est un thème récurrent de votre campagne. Que pensez-vous de la
vidéosurveillance ?
La sécurité, il m’a semblé qu’elle devait être équilibrée par la solidarité. La vidéosurveillance c’est bien, mais s’il y
a une bagarre entre deux personnes, si quelqu’un est agressé, il faudrait se sentir suffisamment citoyen pour pouvoir lui venir en aide et non pas se dire « Bon il y a la caméra, on trouvera
bien le coupable donc ne nous inquiétons pas ». J’ai bien aimé cette démarche intellectuelle de mes colistiers qui étaient toujours à la recherche de cet d’équilibre. Il n’y avait pas de
valeurs figées. Sécurité/solidarité, liberté/civisme. J’aime bien cet équilibre. Je suis d’ailleurs psychiatre de métier.
Mr De Peretti propose la construction d’une mosquée pour la communauté musulmane d’Aix-en-Provence. Quelle est
votre position sur la question ?
L’Islam est bien autre chose qu’une simple religion, une simple spiritualité. L’Islam, c’est un mode de gouvernement d’un
pays. Des lieux de culte musulman en ce moment à Aix, il y en a pas loin de 50 qui ont été dénombrés, qui sont souvent des lieux privés transformés en lieux de culte. Alors des lieux de
culte musulman à Aix, il y en a. Et il y en a à la satisfaction des pratiquants du culte musulman. Construire une mosquée, c’est construire un centre. Ce n’est pas uniquement cultuel, c’est
également culturel au sens que c’est une école de citoyenneté islamique. J’estime que la France , même si elle a accouché en 1905 avec difficulté de sa loi de séparation de l’Eglise et de l’Etat,
a fait là une loi qui me paraît très intelligente. Et je trouve complètement aberrant que l’Etat français puisse donner son soutien à un mode de fonctionnement gouvernemental non
démocratique, qui est le gouvernement de l’Islam. Apparemment, cela semble très généreux de dire « Je vais vous construire une mosquée ». En fait, soit il n’a pas réfléchi, soit il se
masque la vérité, mais ce n’est pas un acte anodin, loin de là !
Comment jugez-vous votre campagne ?
Nous avons eu l’impression en distribuant nos tracts d’être bien reçus. Les gens sont très corrects. Nous, nous avons eu
une campagne qui a été très agréable. Nous n’avons été l’objet d’aucune injure, d’aucun rejet. Cela n’a pas été vrai partout. Je sais qu’il y a eu des tracts d’une horreur abominable, et cela
nous a été épargné. Peut-être parce qu’on ne nous estimait pas assez dangereux. Mon épouse est Suisse, et en Suisse, la politique n’existe pas comme chez nous, c’est l’acte civique au quotidien.
On fait de la politique en marchant dans la rue, parce qu’on respecte les passages cloutés et on ne laisse pas son chien faire ses besoins dans la rue. Il y a une espèce de conscience citoyenne
en Suisse qui amène jusqu’au référendum d’initiative populaire, et ça c’est une idée que je développerai volontiers.
Le scrutin a lieu dans moins de deux jours, que désireriez-vous dire aux électeurs ?
Je dirais aux électeurs : voulez-vous vivre au sein de votre cité les valeurs de votre civilisation ? Alors le
vote logique, le vote de bon sens, c’est le vote pour notre équipe dont justement, la promotion des valeurs de la civilisation française – je crois qu’on peut dire française, et également
européenne - sont au cœur de nos préoccupations.
Propos recueillis par Maxime Sténuit