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Jeudi 24 avril 2008

La fondation Vasarely resterait sous administration provisoire

 

Les pouvoirs publics ainsi que trois membres de la famille Vasarely ont demandé mardi le renouvellement du mandat de l'administrateur provisoire gérant depuis octobre la fondation du peintre. Nommé par le tribunal de grande instance, l'administrateur tente de récupérer les centaines d'oeuvres dont Vasarely avait doté sa fondation. Certaines avait été détournées par un ancien président de la fondation, d'autres dispersées après un contentieux d'héritage. 

©2008 20 minutes

par Marc publié dans : Fondation Vasarély
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Mardi 22 avril 2008

Les pouvoirs publics affichent leur volonté de sauver la Fondation Vasarely 


Les pouvoirs publics ont affiché leur volonté de "tout mettre en oeuvre" pour sauver la Fondation Vasarely, mardi lors d'une réunion à la sous-préfecture, a indiqué l'administrateur provisoire de la fondation, Me Xavier Huertas.

"Il existe aujourd'hui une volonté des membres de droit et fondateurs de tout mettre en oeuvre pour bâtir l'avenir", a déclaré à l'AFP Me Huertas qui a lancé plusieurs procédures judiciaires pour récupérer les centaines d'oeuvres dont le peintre hongrois (1906-1997) avait doté la fondation.

Outre le député-maire UMP d'Aix-en-Provence, Maryse Joissains, et le maire UMP de Gordes (Vaucluse), Maurice Chabert, ont participé à cette réunion le sous-préfet Hubert Derache, la direction régionale des affaires culturelles et trois membres de la famille Vasarely --André, fils aîné du peintre, son épouse et Pierre, petit-fils et légataire du peintre.

Ils ont soutenu le renouvellement du mandat de Me Huertas, nommé en octobre pour six mois à la tête de la fondation, et se sont fixé rendez-vous dans un mois. Mme Joissains a insisté sur la nécessité d'un projet culturel alors que la ville consacre 100.000 euros par an à la fondation.

La Fondation entend faire annuler en justice un arbitrage successoral qui l'a, selon elle, dépouillée frauduleusement en 1995.

Une assignation qui sera examinée le 12 juin au TGI d'Aix concerne André Vasarely, Pierre Vasarely au titre de son père Jean-Pierre, décédé en 2002, ainsi que Michèle Taburno-Vasarely, deuxième épouse de Jean-Pierre. Cette dernière, installée à Chicago (Etats-Unis), représentait alors les intérêts des fils du peintre et a présidé la fondation en 1995-1997.

La fondation réclame la restitution des tableaux ou leur remboursement et le paiement de 5 millions d'euros de dommages-intérêts par Mme Taburno-Vasarely.

"L'arbitrage respectait les lois successorales", a déclaré à l'AFP par téléphone Mme Taburno-Vasarely qui s'est dite "pas au courant" et compte se faire représenter par son avocat.

Seules 42 oeuvres monumentales subsistent dans le bâtiment aixois de la fondation, inauguré en 1976 et inscrit à l'inventaire des monuments historiques. La partie installée à Gordes a fermé en 1996. La fondation est reconnue d'utilité publique depuis sa création en 1971.

par Marc publié dans : Fondation Vasarély
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Mardi 22 avril 2008

EXCLUSIF : Les héritiers Vasarely poursuivis en justice


La nouvelle affaire Vasarely est officiellement lancée. Comme l'annonçait Le Point du 10 avril , l'administrateur provisoire chargé de redresser la Fondation dédiée à l'oeuvre du célèbre peintre, Me Xavier Huertas, vient d'assigner ses héritiers devant le tribunal d'Aix-en-Provence. Il les soupçonne de s'être approprié illicitement plusieurs centaines d'oeuvres, à la faveur d'un arbitrage rendu en 1995 et qu'il qualifie, dans son assignation, de "manoeuvre frauduleuse concertée ayant eu pour seul objet de vider le fonds culturel de la Fondation au profit d'intérêts privés".

L'administrateur évoque un "détournement programmé" et pointe la responsabilité principale de Michèle Taburno-Vasarely, belle-fille du peintre et ancienne présidente de la Fondation, à propos de laquelle il envisage un "abus de fonction" et une "faute intentionnelle" qui pourrait, selon lui, intéresser la justice pénale. Résidant aujourd'hui à Chicago, celle-ci avait affirmé au Point être étrangère à toute malversation.

L'administrateur réclame l'annulation de l'arbitrage de 1995 et la restitution des oeuvres détenues par les héritiers - ou, à défaut, le remboursement des sommes correspondantes, qui se chiffrent en dizaines de millions d'euros. L'audience est fixée au 12 juin.


Hervé Gattegno, Illustration de la fondation Vasarely d'Aix-en-provence © Boris Horvat / AFP

par Marc publié dans : Fondation Vasarély
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Lundi 14 avril 2008

Fondation Vasarely : droit de réponse

 

Pierre Vasarely

 

L’article paru sous la signature de votre journaliste Vincent Noce, (votre édition du 26 février 2008, n° 8338, page 30), appelle de ma part les précisions et rectifications suivantes. Je vous demande par conséquent de bien vouloir publier ledit courrier en tant que droit de réponse légitime dans le délai légal imparti.

Quel est le texte exact de «l’appel remis à Libération par des personnes qui prétendent avoir dirigé la Fondation Vasarely ces six dernières années» ? Vos lecteurs sont en droit de connaître le nom et la qualité des rédacteurs ainsi que la nature exacte de leurs accusations : M. Renaud Belnet (avocat marseillais), M. François Hers (directeur de la Fondation Hartung et responsable du mécénat à la Fondation de France). Ils ont été l’un et l’autre président et trésorier de la Fondation Vasarely pour avoir échangé leurs fonctions en cours de mandat (lors du conseil d’administration du 13 mars 2006). Mme Véronique Wiesinger (directrice de la Fondation Giacometti) était quant à elle la secrétaire du Bureau pendant cette même période (2 octobre 2002 - 2 octobre 2007). Quant à Monsieur Xavier Douroux (directeur du Consortium, centre d’art dijonnais) tantôt directeur, tantôt conseiller culturel du président, il est rarement présent, rémunéré par le biais d’une convention, signée en octobre 2002 entre le Président de l’Association dijonnaise le Coin du miroir et le Président de la Fondation Vasarely (M. François Hers), jamais validée par le conseil d’administration de la Fondation Vasarely (cf. conclusions de l’audit de juin 2006 de la préfecture des Bouches-du-Rhône). Mme Michèle Taburno, veuve Jean-Pierre Vasarely, expatriée aux Etats-Unis d’Amérique depuis 2004, n’est pas citée ; pourtant, elle a été présidente de la Fondation Vasarely de 1995 à 1997 et vice-présidente depuis cette date. C’est en outre elle qui a présenté les trois administrateurs susnommés et amené à leur désignation.

Tous sont l’objet d’une action que j’ai engagée et portée en juin 2006 devant le tribunal de grande instance d’Aix-en-Provence pour faire constater leurs manquements répétés aux statuts de la Fondation et le tort qu’ils lui ont causé. Il est vrai que les auteurs de «l’appel remis à Libération» reconnaissent eux-mêmes vouloir «offrir à des artistes ou à des associations» le bâtiment cinétique que le plasticien avait fait éditer en 1976. Voilà en effet qui est édifiant de ne pas préciser que cette «carcasse», comme le précise votre journaliste, a été dessinée, conçue et financée par Victor Vasarely pour y recevoir son œuvre didactique et architectonique, qu’elle a été reconnue d’utilité publique en 1971 et qu’elle est inscrite à l’inventaire du patrimoine.

Les auteurs de «l’appel remis à Libération» sont sans qualité aucune pour proposer ce bien qui constitue la propriété inaliénable de la Fondation, dépourvue de but lucratif à des personnes ou à des entités quelconques. On comprend l’intérêt qu’ils ont à voir disparaître l’objet de la Fondation, avec le bâtiment qui l’abrite, dans l’idée que disparaîtraient de même les comptes qu’ils doivent au titre de leur gestion.

Par ailleurs, votre journaliste voudra bien noter que Pierre Vasarely :

- n’avait ni l’intention, ni le pouvoir de choisir la personne que le juge des référés a chargé de l’administration provisoire de la Fondation. Ce pouvoir est celui du juge seul. La nécessité d’une administration provisoire est d’ailleurs l’aboutissement de la gestion de MM. Belnet et Hers et de Mme Wiesinger notamment ;

- n’a pas été «le conseiller particulier de Charles Debbasch». Vous relirez avec intérêt l’ordonnance de juin 2001 qui a renvoyé M. Debbasch devant le tribunal correctionnel d’Aix-en-Provence;

- n’a jamais été «le directeur» en titre de la Fondation Vasarely. Il a été le collaborateur de Victor Vasarely, son grand-père ; salarié au sein de la Fondation, il a été nommé administrateur par sa volonté avant d’être institué son légataire universel;

- n’a pas été associé à la procédure d’arbitrage (avril 1995 - janvier 1997) initiée par Mme Michèle Taburno, qui tout à la fois présidait la Fondation (avril 1995 - juillet 1997) et représentait les intérêts financiers et patrimoniaux de Jean-Pierre et André Vasarely, les deux fils du fondateur (cf. mandat du 1er août 1995).

Il est dommage que M. Vincent Noce n’ait pas pris mon attache, ce qui lui aurait valu d’entendre ces quelques précisions d’importance. Lecteur assidu de Libération depuis vingt-cinq ans, je garde toutefois toute confiance en la qualité de votre quotidien.



© Libération, 14 avril 2008

par Marc publié dans : Fondation Vasarély
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Mercredi 9 avril 2008

Michèle Vasarely : "Je ne comprends rien à tout ça."

 

"Je n'en aurai donc jamais fini avec cette affaire ? Je voudrais tourner la page, qu'on me laisse tranquille, qu'on arrête de salir le nom de Vasarely !" Michèle Vasarely appelle de Chicago, où elle réside depuis 2004. Elle a bien reçu, par e-mail, les questions du Point , mais elle se dit incapable d'y répondre par écrit : "Je ne sais pas comment ça marche."
À l'entendre, elle ne connaît pas non plus les règles des successions ni même celles qui présidèrent, en 1995, à l'arbitrage qui a ruiné la fondation. "Je ne suis pas juriste, se plaint-elle, je ne comprends rien à tout ça. Les avocats s'occupaient de tout. J'ai fait confiance." Manipulatrice ? Intéressée ? Elle sait les "mauvaises intentions" qu'on lui prête mais fait mine de s'en moquer : "J'ai un code d'éthique, dit-elle, et je ne mens jamais ; comme ça, je suis sûre de ne pas me tromper."
Les toiles qu'elle détient ? "Que voulez-vous que je vous dise ? Elles sont à moi, je les garde. Je les ai méritées : j'ai travaillé vingt-cinq ans auprès de mon beau-père et de mon mari [Yvaral] sans être payée. Il faut bien vivre !" Est-ce à dire qu'elle vit de la vente des oeuvres ? "J'en ai vendu très peu, répond-elle. Je n'aime pas le commerce de l'art. Je vis de droits d'auteur et d'honoraires." Mais elle refuse obstinément de dénombrer les pièces qu'elle détient. "J'en ai assez pour faire des expos. Mais, si on continue à m'embêter, je n'en ferai plus. C'est ça qu'on veut ?"

 

Hervé Gattegno, 09/04/2008

par Marc publié dans : Fondation Vasarély
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Mardi 26 février 2008

Vasarely entre petit-fils et avenir

 

Polémique. Un conflit oppose les ex-dirigeants de sa fondation à l’héritier de l’artiste.

 

Démunie, sans argent ni collection, la fondation Victor Vasarely hante la carcasse du bâtiment «cinétique» que l’artiste avait fait édifier en 1976 à Aix-en-Provence. Dans un appel remis à Libération, ceux qui l’ont dirigée ces six dernières années lancent un cri d’alarme, et proposent de confier la résurrection du projet à la ville et aux artistes.

Cet appel inclut une mise en garde au petit-fils de l’artiste, Pierre, qui tente de prendre le contrôle d’une fondation à l’agonie. «Victor Vasarely ne voulait pas d’un musée, et encore moins d’un mausolée à la gloire de sa famille» , lancent le directeur artistique Xavier Douroux et trois administrateurs, Véronique Wiesinger, Renaud Belnet et François Hers. La municipalité intéressée, ils voient une ultime chance de créer «un grand centre de recherches en arts visuels, y associant science et industrie» correspondant au «choix généreux» voulu par Victor Vasarely. Ils proposent ainsi d’offrir ce lieu aux artistes et associations de cette «génération utilisant les nouvelles technologies informatiques, qui considèrent Vasarely comme un père fondateur». La fondation s’effacerait, dans la mesure où personne ne peut engager les 12 millions d’euros que nécessiteraient sa survie et la réhabilitation du bâtiment.

Le «seul petit-fils» de l’artiste, comme il se présente, dénonce de son côté «un complot ourdi en faveur de la ville d’Aix, qui réussirait à récupérer un bâtiment de réputation mondiale, sans respecter les volontés initiales (1)» de son grand-père. Coefficient multiplicateur de procédures judiciaires, communiqués et tribunes libres, Pierre Vasarely a marqué un point en faisant placer la fondation sous la coupe d’un administrateur judiciaire choisi par lui. Pour appuyer son action, il a lancé une pétition à l’adresse de Nicolas Sarkozy et Christine Albanel, qui a recueilli selon lui près 2 000 signatures.

Les signataires de l’appel adverse l’accusent de se poser en «sauveur» d’une coquille vide après avoir contribué au désastre actuel. La fondation fut d’abord victime des «détournements» de son président Charles Debbasch (2), dont Pierre Vasarely fut «conseiller particulier avant de devenir directeur». Ensuite, elle s’est vue retirer la collection léguée par l’artiste, au profit de la famille. Procédure à laquelle Pierre Vasarely était associé, avant de se retourner contre ses parents en tant qu e «victime» du partage. Pendant ce temps, l’Etat, qui détient plusieurs sièges au conseil d’administration, observe sans agir, comme il le fait depuis trente ans.


(1) Droit de réponse à Beaux Arts Magazine. (2) Charles Debbasch, qui vit au Togo, a été condamné en 2005 à deux ans de prison, dont un ferme. Un mandat d’arrêt international est lancé contre lui. Cette condamnation est définitive, ce qui ne l’a pas empêché de porter plainte contre Libération pour en avoir fait état dans un précédent article.

 

Vincent Noce, © Libération, le 26 février 2008

 

par Marc publié dans : Fondation Vasarély
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